Famille de Carbuccia

Condom - Eauze

Pélerinage à Saint Jacques de Compostelle

vendredi 7 janvier 2005 par Cyrille

Journée du 7 janvier 2005 : Dans le car qui m’amenait de la gare d’Agen, où j’étais revenu de Paris à Condom un fils d’agriculteur me disait que la vente des récoltes avaient encore diminué l’année dernière de 12%. Les subventions ne compensent pas la concurrence des importations des pays à salaires et impôts modestes.

Les jeunes qui ne se contentent pas du RMI travaillent dans les services, mais gardent leurs terres. Certains plantent des bouleaux qui "poussent tout seuls" pour la pâte à papier. On en voit souvent les jolies rangées sur la route. Les viticulteurs se consacrent à la production de qualité pour faire face à la concurrence des vins bon marchés des pays pauvres.

Je m’installais à Condom dans le gîte municipal aménagé dans un vieux bâtiment spacieux, où débarqua l’autre pèlerin dont j’avais déjà entendu parlé.

Mike arrivait avec un énorme sac et une canne à pêche. Parti à 18 ans d’Australie il y a une douzaine d’années, il parcourait l’Europe à pied et se rendait maintenant à Compostelle, sans un sou en péchant et mendiant. Il assommait les chiens méchants à coups de pieds et de poings. Après Compostelle, il irait à Jérusalem et rentrerait dans son pays et serait candidat à la prêtrise.

J’avais appelé ce matin Renée Mussot-Goular, pour avoir des nouvelles du manuscrit sur Roncevaux qu’elle nous promettait depuis plusieurs mois. En lui disant où je me trouvais, elle m’apprit qu’elle vivait à quelques kilomètres de là. Son contrat mentionnant une autre adresse, ce hasard ne me surprit pas outre mesure. Nous dînâmes ensemble. Elle me conta comment elle avait donné une seconde naissance à sa fille en la prenant chez elle et la guérissait après que ses médecins se fussent résignés à mettre fin à ses jours.

Le lendemain matin je m’enfonçai dans un épais brouillard. Vers 10h le bleu infiltra le gris et le soleil triomphait dans un ciel sans nuages, je m’en réjouissais avec un passant.

Convenir du "mauvais temps" et du "beau temps" permet de sympathiser et de rompre la glace, cette pratique sociale est un avatar passe-partout de la charité.

Après 30 km de marche au chant des oiseaux revenus, j’arrivais, sous le vol étincelant des palombes, aux pieds de la cathédrale d’Eauze, capitale de l’Armagnac.


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 72956

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

     RSS fr RSSJean-Luc de Carbuccia sur le chemin de Compostelle   ?

Creative Commons License