Famille de Carbuccia

Vers - Cahors

Plerinage Saint Jacques de Compostelle

mercredi 29 décembre 2004 par Cyrille

Journée du 29 décembre 2004 : Mon hôte me déposa vers 9h. à Vers sur la D.653, soit 5 km après Saint-Géry où il m’avait hébergé. Je n’étais qu’à 14 km des portes de Cahors.
Descendre d’une voiture pour continuer à pied sur une route inconnue provoque une certaine anxiété.

La route étroite m’obligeait à monter dans l’herbe des bas-côtés chaque fois qu’une voiture me croisait. Des lianes manquèrent de me faire chuter sur la chaussée. Je tins en respect avec le bourdon un jeune chien loup qui fonçait sur moi ventre à terre.

Le bâton du pèlerin fait partie de l’équipement traditionnel et nécessaire. Ses fonctions sont diverses. Il est le 3e oeil des jambes en compensant le déséquilibre des faux pas. Prolongement du bras, il manifeste la volonté du corps d’avancer, sa cohésion avec le mouvement des jambes. Il bat la mesure de la marche qu’il fortifie et amplifie. En main droite il allonge le pas du pied gauche et soutient celui du pied droit. Tapant sur le sol il dégage une partie des vibrations de l’impact du pied gauche et amortit celui du pied droit, comme la claque de la main au sol à la chute du judoka. Prolongement des yeux, il sonde les terrains boueux, les fossés et les gués. Il aide à se relever, écarte les obstacles et protège d’éventuels agresseurs.

Pendant de nombreuses heures, le corps qui pousse le bourdon au bout du bras s’ordonne à l’activité des jambes. C’est aux membres inférieurs et non à la tête, ni au coeur, ni même à l’estomac que revient le premier rôle. La marche est exercice de dépouillement et d’humilité.

Dans un raccourci audacieux certains disent « prier avec les jambes ». Mais cette marche n’est pas dialectique sans sens. Comme le symbolise l’éventail cannelé des côtes rayonnantes de la coquille, le bourdon du pèlerin affirme la convergence de tout l’être vers la rencontre du centre le plus intime de nous-mêmes.

A Cahors je trouvais aux Etablissements Thiollet le même accueil que celui du Sportware à Saugues en la personne de Widod Guessab d’origine berbère qui, après avoir parcouru une partie du monde à pied avec un sac à dos deux fois plus haut qu’elle accueillait et conseillait les pèlerins de Compostelle. Elle perçut d’un coup d’oeil l’origine de nouvelles ampoules et me donna chaussettes et semelles appropriées. A la recherche d’un hébergement et dans l’embarras du choix entre les nombreux hôtels de la ville, je m’orientai vers le Foyer des Jeunes Travailleurs où l’on accepta sans hésiter un vieux pèlerin.


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