Famille de Carbuccia

Saint-Privat-d’Allier - Saugues

Plerinage Saint Jacques de Compostelle

dimanche 12 décembre 2004 par Cyrille

Journée du 12 décembre 2004

II y a 20 km à parcourir je pars vers 8h. Les pieds souffrent. Pour éviter les chocs douloureux du terrain accidenté du GR 75, je prends la D 589. Je me sens polarisé vers l’ouest. Les pins, dont les troncs sveltes se dressent en rangs serrés, hauts et droits malgré la forte pente, bordent la route Saint-Jacques qui remonte des gorges de l’Allier. Le crottin sec des chevaux des pèlerins s’égrènent sur les bas-côtés. Au bout de quelques kilomètres les pieds brûlent. Raisonnablement je devrais faire du stop. Le voeu du pèlerin n’est pas raisonnable. La marche continue sans arrêt. Mon esprit par moments s’engourdit et je n’ai plus conscience de la souffrance. Je traverse des paysages admirables qui me sont indifférents. Les poumons brûlent dans la montée vers le plateau de 1143 m. Les cuisses durcissent et mollissent tour à tour. Arrivé à 3 kms de Saint-Privat je cède à la tentation du stop. Après 3 échecs, je suis heureux que le sort n’ait pas répondu à ma faiblesse. La souffrance devient naturelle. Le rythme de la marche s’accélère. J’arrive à Saugues au doux son de la cloche de l’Eglise qui annonce 4 heures.

Dans ma chambre d’hôtel je fais un état des dégâts. Les vieilles pataugas blessent les orteils et le talon, une couture des chaussettes Monet vendues par Le Vieux Campeur de Paris entament l’avant-plante des pieds. Remède : demain lundi, magasin de sport et pharmacie. Mais comment vais-je continuer ?

J’ai du mal à faire quelques pas pour aller dîner au restaurant où l’hôtelier a réservé deux couverts... Là, je la reconnais à son air décidé et neutre. C’est la pèlerine qui me précédait d’une journée, signalée au Bar-Saint-Jacques et aux chambres d’hôtes de Saint-Privat. Je lui propose d’échanger des informations. Nous sommes les seuls sur le chemin. Elle m’invite à sa table. Elle semble sans âge. Son visage ne manifeste aucune expression et ne s’éclaire que lorsque je plaisante avec la jeune serveuse. Chacun a ses problèmes. Nous continuerons notre chemin séparément. Elle semble touchée quand je lui avoue m’être inquiété pour elle avant même de la connaître dans un pays dont elle parle peu la langue, sur des chemins déserts où il y a des chiens méchants.


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